{"id":2814,"date":"2021-03-04T18:12:55","date_gmt":"2021-03-04T17:12:55","guid":{"rendered":"http:\/\/richardaseguin.com\/fra\/?p=2814"},"modified":"2022-03-29T14:26:31","modified_gmt":"2022-03-29T13:26:31","slug":"john-the-revelator-de-son-house","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/richardaseguin.com\/fra\/?p=2814","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0John The Revelator\u00a0\u00bb de Son House"},"content":{"rendered":"<p>Le renouveau folk et blues, un des ph\u00e9nom\u00e8nes culturels les plus importants du 20e si\u00e8cle,  a d\u00e9but\u00e9 dans les ann\u00e9es 1950 dans les caf\u00e9s de Greenwich Village, un quartier boh\u00e9mien de la ville de New York. Les premiers artistes \u00e0 s\u2019y pr\u00e9senter furent les po\u00e8tes \u00ab\u00a0beat\u00a0\u00bb qui accompagnaient parfois leurs po\u00e9sies par le cliquetis d\u2019une batterie ou les grondements d\u2019une contrebasse. Vinrent ensuite les musiciens locaux, y compris des noms maintenant c\u00e9l\u00e8bres tels  Pete Seeger, Woody Guthrie, Burl Ives, Josh White, Lead Belly, Ramblin&rsquo; Jack Elliot, le Kingston Trio et le r\u00e9v\u00e9rend Gary Davis. Dans les ann\u00e9es 1960, des jeunes musicologues blanc recherchaient dans les r\u00e9gions rurales du Sud les grands bluesmen dont les carri\u00e8res furent \u00e9court\u00e9es par la Grande D\u00e9pression. Certains \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 d\u00e9c\u00e9d\u00e9s mais plusieurs furent trouv\u00e9s et amen\u00e9s \u00e0 New York pour jouer devant un public jeune, instruit et blanc dans les caf\u00e9s, les coll\u00e8ges, les universit\u00e9s et les festivals tout au long de l\u2019Est am\u00e9ricain. Pour la premi\u00e8re fois de leur vie, ces artistes furent adul\u00e9s et louang\u00e9s comme ils ne l\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9 dans le Sud, o\u00f9 la s\u00e9gr\u00e9gation r\u00e9gnait toujours.<\/p>\n<p>Quand Eddie James \u00ab\u00a0Son\u00a0\u00bb House (1902-1988) est arriv\u00e9 \u00e0 New York en 1964, il amenait avec lui un r\u00e9pertoire de chansons tant profanes que sacr\u00e9es. Un ministre baptiste \u00e0 ses d\u00e9buts, Son House s\u2019est d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 la musique religieuse et rejetait carr\u00e9ment le blues comme la musique du biable. Les choses chang\u00e8rent avec la Grande D\u00e9pression et l\u2019amiti\u00e9 qu\u2019il avait form\u00e9e avec le bluesman Charley Patton (1891-1934) l\u2019a conduit aux bars et relais du Sud pour gagner sa vie.<\/p>\n<p>J\u2019ai entendu Son House et je l\u2019ai vu \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 vers la fin des ann\u00e9es 1960 et son immense talent m\u2019a compl\u00e8tement boulevers\u00e9. En particulier, son chef-d\u2019oeuvre, \u00ab\u00a0Death Letter,\u00a0\u00bb m\u2019a grandement touch\u00e9 et je l\u2019ai enregistr\u00e9 en 2019 avec Roch et Alrich. Pour entendre notre interpr\u00e9tation, cliquer <a href=\"http:\/\/richardaseguin.com\/fra\/?p=2376\">ici<\/a>.<\/p>\n<p>House a ouvert une porte vers le pass\u00e9 et la fougue avec laquelle il jouait ses chansons religieuses laissait personne indiff\u00e9rent. En t\u00eate de file, \u00ab\u00a0John the Revelator\u00a0\u00bb pr\u00e9sente un texte apocalyptique tir\u00e9 du dernier livre du Nouveau Testament, s\u00e9curis\u00e9 par sept sceaux symboliques qui, une fois ouverts, d\u00e9clenchent l\u2019Apocalypse. L\u2019identit\u00e9 de l\u2019auteur du Livre de la R\u00e9v\u00e9lation est source de dissension mais il est souvent attribu\u00e9 \u00e0 Jean de Patmos. Le critique Thomas Ward a dit de la chanson qu\u2019elle \u00e9tait une des plus puissantes de toute la musique d\u2019avant guerre.<\/p>\n<p>Blind Willie Johnson (1897-1945), lui-m\u00eame un \u00e9vang\u00e9liste, a enregistr\u00e9 \u00ab\u00a0John the Revelator\u00a0\u00bb durant sa cinqui\u00e8me et derni\u00e8re session pour Columbia Records en 1930. Son House a enregistr\u00e9 plusieurs versions a cappella (sans instruments d\u2019accompagnement) de la pi\u00e8ce durant les ann\u00e9es 1960. Les paroles de House, tr\u00e8s diff\u00e9rentes de celles de Johnson, font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des \u00e9v\u00e8nements th\u00e9ologiques importants comme la Chute de l\u2019homme, la Passion du Christ et la R\u00e9surrection. J\u2019ai ajout\u00e9 le dernier verset sur Mo\u00efse, qui vient de la version de Blind Willie Johnson.<\/p>\n<p>Le Livre de la R\u00e9v\u00e9lation figure grandement dans notre culture populaire par la pr\u00e9sence des Quatre Cavaliers de l\u2019Apocalypse, les pr\u00e9sages du jugement dernier. On dit qu\u2019ils am\u00e8nent avec eux la guerre, les maladies infectieuses, la famine, l\u2019effondrement \u00e9conomique et la mort. Au cours des si\u00e8cles, le Livre de la R\u00e9v\u00e9lation fut interpr\u00e9t\u00e9 par plusieurs sectes et je prendrais ces interpr\u00e9tations avec un grain de sel. Une interpr\u00e9tation avance que le premier Cavalier est l\u2019ant\u00e9christ, sp\u00e9cifiquement Napol\u00e9on Bonaparte. On voit l\u2019influence des Quatre Cavaliers de l\u2019Apocalypse dans tous les aspects de notre culture, y compris les films, la litt\u00e9rature, la musique, les bandes dessin\u00e9es, la t\u00e9l\u00e9vision et les jeux vid\u00e9o. <\/p>\n<p><div id=\"attachment_1704\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/richardaseguin.com\/fra\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Alrick-by-Kate-Morgan-Photography-e1613926874675.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1704\" src=\"http:\/\/richardaseguin.com\/fra\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Alrick-by-Kate-Morgan-Photography-e1613926874675.jpg\" alt=\"Alrick Huebener\" width=\"300\" height=\"452\" class=\"size-full wp-image-1704\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1704\" class=\"wp-caption-text\">Alrick Huebener<\/p><\/div>Mon arrangement de \u00ab\u00a0John the Revelator\u00a0\u00bb est inspir\u00e9 par les po\u00e8tes \u00ab\u00a0beat\u00a0\u00bb et par Peggy Lee (1920-2002) et sa fameuse version de \u00ab\u00a0Fever,\u00a0\u00bb une pi\u00e8ce enregistr\u00e9e en 1956 par le grand chanteur R&#038;B Little Willie John. La version de Lee (1958) fait seulement figurer sa voix, une contrebasse (jou\u00e9e par Joe Mondragon, qui a probablement jou\u00e9 sur tous les disques de jazz \u00e9mis sur la c\u00f4te Ouest durant les ann\u00e9es 1950 et 1960), des claquements de doigts et tr\u00e8s peu de batterie. Sur mon arrangement de \u00ab\u00a0John the Revelator, \u00bb je m\u2019occupe de la voix et des claquements de doigts mais la vedette est Alrick, dont la contrebasse exceptionnelle a \u00e9lev\u00e9 la sophistication de ce site depuis quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Richard S\u00e9guin &#8211; voix et claquements de doigts<br \/>\nAlrick Huebener &#8211; contrebasse<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/richardaseguin.com\/fra\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/John-The-Revelator-SITE.mp3\">John The Revelator<\/a><\/p>\n<p>Photo d\u00a0\u00bbAlrick par Kate Morgan<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le renouveau folk et blues, un des ph\u00e9nom\u00e8nes culturels les plus importants du 20e si\u00e8cle, a d\u00e9but\u00e9 dans les ann\u00e9es 1950 dans les caf\u00e9s de Greenwich Village, un quartier boh\u00e9mien de la ville de New York. 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