{"id":2959,"date":"2021-07-29T19:09:07","date_gmt":"2021-07-29T18:09:07","guid":{"rendered":"http:\/\/richardaseguin.com\/fra\/?p=2959"},"modified":"2022-03-29T13:51:25","modified_gmt":"2022-03-29T12:51:25","slug":"if-you-dont-want-me-baby-de-mississippi-john-hurt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/richardaseguin.com\/fra\/?p=2959","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0If You Don\u2019t Want Me Baby\u00a0\u00bb de Mississippi John Hurt"},"content":{"rendered":"<p>La vie de John Smith Hurt (1893-1966) \u00e9tait comme beaucoup d\u2019autres dans le Mississippi rural au tournant du dernier si\u00e8cle. Il a v\u00e9cu \u00e0 Avalon, un village endormi sur le bord du delta trop petit pour appara\u00eetre sur les cartes modernes. Il est devenu un fermier et m\u00e9tayer, comme beaucoup d\u2019autres. S\u2019il s\u2019est d\u00e9marqu\u00e9 de quelque sorte c\u2019est en apprenant la guitare \u00e0 l\u2019\u00e2ge de neuf ans. Andres Segovia a dit, en parlant du grand guitariste classique John Williams\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu a pos\u00e9 un doigt sur son front.\u00a0\u00bb Je crois que Dieu est ensuite pass\u00e9 \u00e0 Avalon, au Mississippi.<\/p>\n<p>En grandissant, John Hurt jouait pour des danses et des f\u00eates, chantant avec son magnifique style de doigt\u00e9, issu d\u2019une source commune qui avait produit \u00e0 la fois le blues et la musique country. Il \u00e9tait un lien avec un pass\u00e9 lointain qui r\u00e9sonnait encore dans son jeu\u00a0: pas blues, pas country et pourtant les deux. Sa pi\u00e8ce \u00ab\u00a0If You Don\u2019t Want Me Baby\u00a0\u00bb que j\u2019interpr\u00e8te ici, est un exemple classique de ce genre. Ses paroles sont aussi tellement attachantes, pleines d\u2019intimit\u00e9 et de d\u00e9sir. Une simple phrase comme \u00ab\u00a0I tried so hard to do my father\u2019s will\u00a0\u00bb dit clairement sans toutefois sp\u00e9cifier que le fils d\u00e9vou\u00e9 n\u2019a pas r\u00e9ussi. <\/p>\n<p>Sa musique a rendu Hurt populaire aupr\u00e8s des Mississippiens blancs et noirs. En 1923, il a rencontr\u00e9 un violoneux blanc du nom de Willie (William Thomas) Narmour (1889-1961) et ils devinrent une attraction locale populaire. En 1928, lorsque Narmour remporta un concours de violon et une chance d\u2019enregistrer pour Okeh Records, il a recommand\u00e9 John Hurt \u00e0 ses producteurs. Apr\u00e8s une audition, Hurt a enregistr\u00e9 deux sessions, \u00e0 New York et \u00e0 Memphis, qui ont donn\u00e9 20 pi\u00e8ces, dont seulement quelques-unes ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es. Les chansons sont parues sous le nom de Mississippi John Hurt. Hurt ne s\u2019est jamais souci\u00e9 de l\u2019\u00e9tiquette \u00ab\u00a0Mississippi\u00a0\u00bb, que les producteurs blancs croyaient conf\u00e9rer de l\u2019authenticit\u00e9 \u00e0 l\u2019artiste, de la m\u00eame fa\u00e7on que la d\u00e9signation \u00ab\u00a0Blind\u00a0\u00bb \u00e9tait cens\u00e9e ajouter du respect et de l\u2019admiration \u00e0 l\u2019artiste. Les ventes de disques de John Hurt furent pauvres pendant la Grande D\u00e9pression et Okeh Records a fait faillite en 1935, bien que relanc\u00e9 un certain nombre de fois dans les ann\u00e9es suivantes. John Hurt retourna dans l\u2019obscurit\u00e9 de sa vie ordinaire \u00e0 Avalon, au Mississippi.<\/p>\n<p>En 1952, quelques-uns des premiers enregistrements de John Hurt furent inclus dans la Anthology of American Folk Music de Harry Smith, qui a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat consid\u00e9rable chez de nombreux amateurs de folk de New York. Dix ans plus tard, une v\u00e9ritable renaissance populaire a pris le dessus et de nombreux artistes du pass\u00e9 ont refait surface et ont joui d\u2019une immense popularit\u00e9 au cours de leurs derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Arm\u00e9 du seul indice que Hurt avait laiss\u00e9 sur sa vie\u00a0: une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab\u00a0Avalon, my home town\u00a0\u00bb, dans une chanson appel\u00e9e \u00ab\u00a0Avalon Blues\u00a0\u00bb, deux musicologues blancs se rendirent au Mississippi \u00e0 la recherche de son auteur. Ils ne s\u2019attendaient pas \u00e0 le trouver vivant. Avec beaucoup de difficult\u00e9, ils localis\u00e8rent la cabane de John Hurt. Ag\u00e9 de 69 ans, Hurt fut \u00e9tonn\u00e9 que quelqu\u2019un le cherchait. Il ne faisait pas confiance aux blancs en complets, toujours de mauvaises nouvelles \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et n\u2019avait aucune envie de quitter sa ville natale. \u00c0 la longue, les musicologues l\u2019encourag\u00e8rent \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager \u00e0 Washington, D.C. et \u00e0 se produire pour un public plus large. Sa performance au Festival folk de Newport en 1963 a fait monter son \u00e9toile aupr\u00e8s des puristes de la renaissance folklorique de l\u2019\u00e9poque. Un petit homme aux yeux larges et joyeux, Hurt fut introduit sur la sc\u00e8ne nationale pour \u00eatre acclam\u00e9 par tous. Cependant, \u00e0 ce moment-l\u00e0, il \u00e9tait un a\u00een\u00e9 et il ne lui restait plus que trois ans \u00e0 vivre. Il a donn\u00e9 de nombreux concerts dans des universit\u00e9s, des salles de concert et des caf\u00e9s et est apparu sur le Tonight Show avec Johnny Carson. Il a \u00e9galement enregistr\u00e9 trois albums pour Vanguard Records et une grande partie de son r\u00e9pertoire fut \u00e9galement enregistr\u00e9e pour la Biblioth\u00e8que du Congr\u00e8s. Si l\u2019homme d\u2019Avalon savait \u00e0 quel point il \u00e9tait important, il ne l\u2019a jamais dit. John Smith Hurt retourna chez lui \u00e0 Avalon \u00e0 l\u2019automne 1966 et mourut d\u2019un arr\u00eat cardiaque, le 2\u00a0novembre de la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p>De nombreux guitaristes qui ont atteint l\u2019\u00e2ge adulte dans les ann\u00e9es 1960 et de nombreux autres qui ont suivi ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s par la magie de la musique de John Hurt et par sa personnalit\u00e9 chaleureuse. J\u2019\u00e9tais l\u2019un d\u2019entre eux, mais le fait d\u2019apprendre le style de Mississippi John m\u2019a \u00e9galement confi\u00e9 beaucoup de valeur de soi, ce qui manquait autrement dans ma vie. Je lui dois tant.<\/p>\n<p>En 2003, la petite-fille de John Hurt, Mary Frances Hurt Wright, n\u2019ayant pas visit\u00e9 le Mississippi depuis un certain temps, a soudainement \u00e9t\u00e9 prise par le besoin de revoir la maison de son grand-p\u00e8re. Alors qu\u2019elle \u00e9tait l\u00e0, \u00e0 contempler les forces qui l\u2019avaient ramen\u00e9e chez elle, l\u2019homme qui \u00e9tait pr\u00e9sentement propri\u00e9taire de la terre sur laquelle se trouvait la maison de son grand-p\u00e8re remarqua que \u00ab\u00a0Dieu lui avait dit\u00a0\u00bb que Mary serait l\u00e0 ce jour-l\u00e0. Il a donn\u00e9 la maison \u00e0 Mary. Avec 5\u00a0000 dollars donn\u00e9s par un banquier local de Carrollton qui se souvenait que \u00ab\u00a0Daddy John\u00a0\u00bb jouait de la guitare pour sa m\u00e8re, Mary a fait d\u00e9m\u00e9nager la maison sur un terrain de deux acres juste en haut de la route, la restaurant comme mus\u00e9e et attrait pour les musiciens et les fans. Beaucoup de ces fans se rendent \u00e0 Avalon chaque ann\u00e9e pour le Mississippi John Hurt Music Festival.<\/p>\n<p>Richard S\u00e9guin &#8211; voix, guitare acoustique, percussion (pied)<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/richardaseguin.com\/fra\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/If-You-Dont-Want-Me-Baby-SITE-MIX.mp3\">If You Don&rsquo;t Want Me Baby<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La vie de John Smith Hurt (1893-1966) \u00e9tait comme beaucoup d\u2019autres dans le Mississippi rural au tournant du dernier si\u00e8cle. Il a v\u00e9cu \u00e0 Avalon, un village endormi sur le bord du delta trop petit pour appara\u00eetre sur les cartes modernes. Il est devenu un fermier et m\u00e9tayer, comme beaucoup d\u2019autres. 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