Archive for février, 2017

La musique des Appalaches

Richard et Roch

Dans les années 60, j’ai écouté tellement de musique en grandissant: Dylan et le renouveau folk, la musique pop des Beatles et une peste d’autres groupes rock hybrides, Miles Davis et le nouveau jazz. Ces artistes regardaient tous de l’avant et apportaient avec eux un changement. Par contre, parmi cette ruée folle, il y avait Doc Watson (1923‑2012), un vieux chêne aux racines profondes, et Doc lui, regardait de l’arrière.

Alrick

La chose la plus importante que j’ai appris de Doc Watson est le respect des personnes qui sont venues avant. Doc a appris une grosse partie de son répertoire en jouant avec Clarence Ashley (1895‑1967), un des artistes les plus importants de la musique traditionnelle des Appalaches. De même, Doc Watson est devenu une des plus grandes influences musicales de ma vie.

On appelle les Appalaches cette région de l’est américain qui comprend sept États, du Mississippi au sud jusqu’en Pennsylvanie au nord. Nommée « Apalachee » par les Espagnols, la région a toujours été reconnue, stéréotypiquement, pour des légendes comme Daniel Boone, les guerres entre les « moonshiners » et les « revenuers », des standards d’éducation très déplorables, des querelles de clans et de la pauvreté abjecte pour tous sauf les travailleurs dans les industries forestières ou minières, pas qu’ils en menaient beaucoup plus large.

Clarence Ashley & Doc Watson

La musique des Appalaches vient principalement de vieilles chansons anglaises et écossaises, de pièces de violon irlandaises et écossaises et du blues Afro-américain. Une musique au ton très noir, elle est dominée par des histoires de relations brisées pleines de refus, de délaissements et d’infidélité, se terminant souvent en meurtre.

Traditionnellement, la musique des Appalaches est jouée uniquement sur des instruments à cordes, notamment le banjo à 5 cordes, joué avec une doigté nommée « clawhammer » et accordé dans un accord ouvert à la quatrième nommé « sawmill » ou «  modal », ces deux caractéristiques développées par Clarence Ashley. J’accorde et je joue mon banjo dans « The Cuckoo » et ma guitare dans « Little Sadie » de cette façon en honneur à Clarence Ashley.

J’aime la musique des Appalaches depuis mon jeune âge et j’ai maintenant la chance d’en enregistrer, grâce à cette collaboration avec Roch Tassé et le nouveau venu Alrick Huebener, un excellent contrebassiste d’Ottawa. Et pour la première fois, je chante!

The Cuckoo

« The Cuckoo » est une chanson anglaise qui date du début du 19e siècle, dont le premier enregistrement est de Clarence Ashley en 1929. Dans les plus vieilles versions, le coucou est comparé à une amoureuse errante et inconstante. J’ai ajouté le verset sur la prison d’Angola, un de mes préférés, qui est tiré de « Junco Partner », un standard de la Nouvelle Orléans popularisé par Dr. John. Notre enregistrement a une saveur Cajun avec l’ajout du triangle, que les Cajuns de la Louisiane appellent « ‘tit fer. »

Richard Séguin – voix, banjo, mandoline, guitare acoustique
Alrick Huebener – contrebasse
Roch Tassé – triangle

The Cuckoo

Little Sadie

« Little Sadie » est une chanson des Appalaches qui date du 20e siècle, dont le premier enregistrement est aussi de Clarence Ashley, en 1930. Certaines vieilles versions de la chanson s’intitulent « Bad Lee Brown » mais il n’y a aucune indication connue d’un meurtrier américain nommé Lee Brown. Malgré que la batterie va contre la tradition des Appalaches, elle ajoute un aspect plus moderne à cette superbe chanson. Alrick joue les derniers accords avec un archet.

Richard Séguin – voix, guitare acoustique, mandoline
Alrick Huebener – contrebasse
Roch Tassé – batterie

Little Sadie

posted by R.A.Seguin in Non classé and have No Comments