Archive for juin, 2022

« Gates of Eden » de Bob Dylan

Richard

Richard

Les années 1960 étaient une époque très différente où les musiciens populaires ne dansaient pas. Ils n’avaient pas à s’habiller de vêtements bizarres, ni jouer dans des arènes gigantesques avec des spectacles de lumière et des présentations multimédias. Ils se tenaient debout ou assis, jouaient leurs instruments et chantaient dans un microphone. Et presque tous avaient quelque chose à dire.

Je me souviens quand la nouvelle d’un chanteur du nom de Bob Dylan est arrivée au Canada. J’avais 13 ans. Le mot partout était qu’il chantait des choses socialement importantes que les gens de ma génération apprécieraient : la paix, les droits civiques et la conviction universelle que les jeunes changeraient le monde. Puis, en 1965, quand personne ne s’y attendait, les choses ont réellement changé.

Alrick

Alrick

Auparavant, les chansons de Dylan étaient simplement mises devant toi – rien n’était caché, rien n’était obscur. Mais un changement a commencé à nous assombrir avec l’album « Bringing It All Back Home », en 1965, qui présentait des chansons très différentes et même troublantes. Les paroles ont commencé à être plus surréalistes et non linéaires. Quand j’ai entendu « Gates of Eden » sur cet album, je me suis demandé où nous menait cette toute nouvelle direction musicale. J’étais un jeune intélligent de 15 ans, mais je ne comprenais pas la juxtaposition de mots anglais simples qui coulaient dans un paysage étrange de nuages forestiers à quatre pattes, de lampadaires avec les bras croisés et des griffes de fer, de bébés gémissants, de navires avec des voiles tatouées, de nains en flanelle grise, tout cela exposé à l’extérieur des portes d’Eden, où aucun son ne s’ échappait, un endroit où il n’y avait pas de rois, pas de péchés, pas d’épreuves. Venu sur les traces des chansons précédentes de Dylan, quelque chose d’aussi obscur que « Gates of Eden » ne convenait tout simplement pas.

Personne ne s’attendait à ce que Dylan sorte 34 chansons, à l’exclusion de 14 autres compositions et des singles comme « Positively 4th Street », sur trois albums distincts (« Bringing It All Back Home », « Highway 61 Revisited » et « Blonde On Blonde », un album double), en un peu plus d’un an. Cette production artistique inégalée a formé le cœur de l’impact extraordinaire que Dylan a eu sur la culture contemporaine et a créé un chemin menant directement à son prix Nobel de littérature, décerné en 2016.

Roch

Il faut noter que certaines de ces chansons duraient plus de 10 minutes, ce qui était controversé à l’époque. Les chansons de plus de 3 minutes ne correspondaient pas à la plateforme commerciale d’une station de radio. Pour échapper à cette contrainte, certains disc-jockeys ont créé ce qu’on connaissait comme la « radio underground », où de longues chansons plus controversées étaient jouées, souvent au petites heures du matin. À Ottawa, la contribution de Brian Murphy, qui a créé une émission de nuit les fins de semaine appelée Free Form Radio sur la station CKBY-FM d’Ottawa, doit être soulignée et appréciée.

Je me suis souvent demandé où cette explosion de conscience de Dylan aurait pu le mener, n’eût été d’un accident de moto qui l’a laissé avec une vertèbre cassée et une commotion cérébrale, le 29 juillet 1966. Il ne fut jamais le même par après et beaucoup disent que l’accident l’a empêché de poursuivre son style de vie auparavant imprudent et potentiellement destructeur. Certes, les chansons ultérieures de Dylan, dont beaucoup sont superbes à part entière, n’ont jamais égalé les pièces de ces trois albums du milieu des années 60. J’ai l’intention de revenir sur cette époque exquise dans mes prochaines publications sur le site.

Mon arrangement de « Gates of Eden » met en vedette notre trio, avec Roch Tassé à la batterie et Alrick Huebener à la basse. Nous jouons « Gates of Eden » en l’honneur de trois des musiciens les plus remarquables de notre époque, soit Pat Metheny (guitare, né en 1954), Jaco Pastorius (basse, 1951-1987) et Peter Erskine (batterie, né en 1954).

Richard Séguin – voix, guitare 12-cordes acoustique
Alrick Huebener – contrebasse électrique
Roch Tassé – batterie

Gates of Eden

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« Sitting on a Fence » des Rolling Stones

Richard et sa mandoline Eastman

Richard et sa mandoline Eastman

Lorsque les Rolling Stones ont fait leur entrée en Amérique du Nord en 1964, ils ont apporté avec eux du blues et du R&B américain, avec quelques compositions originales, le tout aussi cru et électrique que possible. À mesure que la décennie avançait, de nombreux groupes de rock, tant américains que britanniques, ont commencé à tempérer leur répertoire électrique avec des chansons plus acoustiques, probablement une autre influence de Dylan.

« Sitting on a Fence » a été enregistré à la fin de 1965, à Los Angeles, pendant les sessions de l’album « Aftermath », mais n’a pas été publié dans les éditions britanniques ou américaines de cet album. La chanson est arrivée en Amérique du Nord sur l’album « Flowers » à l’été de 1967, le très médiatisé « Summer of Love » qui a introduit le phénomène social des « hippies » au monde. La chanson était un départ pour les Stones, avec une instrumentation à saveur de bluegrass.

Je me souviens d’avoir entendu les paroles de la chanson et d’avoir pensé que, quand j’étais jeune, j’étais l’opposé direct du personnage de Jagger qui chantait la chanson. Ma sœur aînée m’apportait parfois une petite bagatelle d’un rendez-vous à Ottawa avec son futur mari, une petite boule de caoutchouc bleu, blanc, rouge ou un petit animal en peluche. C’était le paradis pour moi – les enfants de notre grande famille n’avaient pas l’habitude d’être choyés. J’ai également été élevé catholique, donc, contrairement aux paroles de la chanson, j’étais très facile à plaire et je savais définitivement la différence entre le bien et le mal.

Quand j’ai eu 18 ans, les choses avaient changé. Je n’avais aucune idée de ce que je ferais de ma vie et je ne me voyais pas comme un adulte, vivant seul, se mariant, élevant une famille. Les rêves que j’avais nourris s’étaient dissipés avec les nombreux revers de ma vie – « les frondes et les flèches de la fortune outrée », comme le dit si brillamment Shakespeare. Je me suis retrouvé assis sur une clôture. Je ne pouvais pas m’engager, j’étais en colère et déçu, et je me suis tout simplement résigné à aller là où ma vie m’emmènerait. Je n’ai pris aucune décision pour la prochaine décennie. Donc, cette chanson qui était si différente de moi quand j’étais jeune, a fini par me faire comme un gant en tant que jeune adulte.

Je dédie cette chanson à tous les hommes, femmes et enfants des comtés unis de Prescott et Russell, dont beaucoup ont été durement touchés par notre récente tempête dévastatrice. D’après ce que j’ai vu au cours de mes visites, je sympathise particulièrement avec les municipalités de Hammond et de Bourget, où la dévastation est vraiment très dure.

Richard Séguin – voix, guitares acoustiques, mandoline, contrebasse électrique

Sitting on a Fence

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