Archive for juillet, 2019

« Boots of Spanish Leather » de Bob Dylan

Au début de 1961, Bob Dylan a quitté Hibbing au Minnesota pour la ville de New York afin de trouver les chanteurs qu’il avait entendus sur disque – Dave Van Ronk, le duo de Sonny Terry et Brownie McGhee, Josh White, le révérend Gary Davis mais surtout il voulait trouver Woody Guthrie (1912-1967), son idole musicale qu’il qualifiait de « la vraie voix de l’esprit américain. » Dylan s’est établi dans le quartier Greenwich Village de New York et s’est fait un nom comme chanteur de chansons traditionnelles folk, chansons présentées sur son premier disque éponyme en 1962. De la musique folk, Dylan a dit « Je savais qu’en me lançant dans le folk, c’était une chose plus sérieuse. Les chansons avaient plus de désespoir, plus de tristesse, plus de chagrin, plus de triomphe, plus de foi dans le surnaturel, des sentiments plus profonds. »

The Freewheelin’ Bob Dylan 1963

En 1963, il était un compositeur dont les pièces devinrent des hymnes de sa génération, des chansons comme « Blowin’ in the Wind » et « A Hard Rain’s a-Gonna Fall », tous deux en vedette sur son second disque, « The Freewheelin’ Bob Dylan. » Ce disque est aussi mémorable pour sa couverture, une photo d’un Dylan souriant qui marche les rues de Greenwich Village, une belle jeune femme au bras.

Elle se nommait Suze (Susan) Rotolo (1943-2011), une artiste et activiste politique de descendance italienne dont les parents étaient membres du Parti communiste américain durant l’ère McCarthy. Au dire de tous, ils étaient un couple dévoué, fréquemment vu dans les environs de Greenwich Village. Dylan a décrit Rotolo comme « une statue de Rodin qui prend vie. » Enfin, la liaison amoureuse n’a pu survivre à l’énorme adulation et l’examen minutieux que Dylan recevait, la désapprobation de la famille Rotolo et les aspirations artistiques de Suze elle-même.

The Times They Are a-Changin’ 1964
Elle est partie pour l’Italie afin d’étudier l’art en juin 1962, retournant après six mois, mais la liaison ne s’est pas perpétuée. La couverture du prochain disque de Dylan, « The Times They Are a-Changin’ » (1964), nous fait voir un homme changé, songeur et distant.

La séparation de Dylan et Rotolo est la source d’inspiration pour plusieurs de ses meilleurs chansons d’amour, telles « Don’t Think Twice, It’s Alright », « Tomorrow Is a Long Time », « One Too Many Mornings » et « Boots of Spanish Leather. »

« Boots of Spanish Leather » est présenté comme un dialogue de six couplets entre deux amants suivi de trois couplets chantés par celui qui est laissé derrière. Quoique la chanson traite du départ de Rotolo pour l’Italie, Dylan a caché ce fait en utilisant l’Espagne comme le pays de destination. La chanson est adaptée de « Scarborough Fair », une ballade qui date de la Période moyen anglais (1150 – 1500).

Dylan avec Suze Rotolo et Dave Van Ronk

La musique folk a disparu comme élément de la musique contemporaine il y a plus de cinquante ans. Les gens d’aujourd’hui auraient de la difficulté à écouter qui que se soit, accompagné d’une seule guitare, chanter des paroles chargées pendant six minutes. Mais c’est exactement ce que je vous propose!

Richard Séguin – voix et guitare acoustique

Boots of Spanish Leather

Pour en apprendre davantage sur « Don’t Think Twice, It’s Alright », une autre chanson composée pour Suze Rotolo, cliquez ici.

Pour en connaître plus sur Greenwich Village au début des 1960, cliquez ici.

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« Tennessee Blues » de Steve Earle

Steve Earle

Steve Earle est né en Virginie mais a grandi à San Antonio, au Texas. Rebelle de nature, Earle s’est enfui de la maison à 14 ans et est parti à la recherche de son idole, l’auteur-compositeur américain Townes Van Zandt. Il a abandonné les études à 16 ans et a éventuellement déménagé à Nashville, l’empire musical du Sud-Ouest américain.

Le genre de musique endossé par Nashville, mielleux, banal et orienté vers le profit, a pousser de nombreux artistes à se rebeller et publier leurs propres chansons acerbes, des chansons de relations ratées enveloppées en paroles de fil barbelé. On a connus ces auteurs-compositeurs comme « hors-la-loi », tous très influencés par le son haut et solitaire de Hank Williams et ses paroles austères. Leur musique était du folk et du bluegrass, du blues et du rock, du country et du R&B et l’industrie du disque, toujours comfortable avec des étiquettes, l’a tout simplement appelée de la musique américaine. Steve Earle est devenu un des meilleurs de ces nouveaux compositeurs, suivant une longue lignée de maîtres tels Johnny Cash, Willie Nelson, Johnny Paycheck, Kris Kristofferson, Guy Clarke, Merle Haggard, Waylon Jennings, Townes Van Zandt et bien d’autres.

Comme interprète, Steve Earle a fait son entrée en 1986 avec son premier disque, « Guitar Town. » Deux chansons de cette collection (« Guitar Town » et « Goodbye’s All We’ve Got Left ») ont atteint le Top Ten. Depuis, Earle a publié 15 disques en studio et reçu trois prix Grammy. Ses chansons ont été enregistrées par Johnny Cash, Waylon Jennings, Willie Nelson, Vince Gill, Bob Seger et Emmylou Harris, entre autres. Il est paru au cinéma et à la télé et a écrit un roman, une pièce et un recueil de nouvelles.

Kris Kristofferson décrit la vie d’un auteur-compositeur à Nashville comme l’opposé d’un emploi 9 à 5, où tu es toujours chez quelqu’un et en route vers quelqu’un d’autre, une vie pleine d’abus et sans sommeil. En 1993, Earle a été arrêté pour possession d’héroïne et encore en 1994, pour possession de cocaïne et d’armes à feu. Il a été condamné à un an de prison mais n’a servi que 60 jours de sa sentence. Par la suite, il a complété un programme externe de désintoxication, reformé son groupe « The Dukes » et débuté une tournée de l’Amérique du Nord, s’arrêtant chez Barrymore’s à Ottawa, où je les ai vus jouer. Ce fut un spectacle triomphal, surligné par le populaire « Guitar Town », sa composition sévère « The Devil’s Right Hand » et une prestation déchirante de « Dead Flowers », une composition des Rolling Stones.

Bien qu’Earle ne l’a jamais avoué, « Guitar Town » fait référence à Nashville, la capitale du Tennessee et la soi-disant capitale mondiale de la musique « Country and Western. » « Tennessee Blues » se veut un adieu à Nashville, toujours appelée « Guitar Town » dans la pièce.

Richard Séguin – voix, guitare acoustique, mandoline

Tennessee Blues

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