Archive for novembre, 2018

« 29 Ways » de Willie Dixon

« Le blues est la racine de toute la musique américaine.»
Willie Dixon

Willie Dixon

Willie Dixon (1915- 1992) est né à Vicksburg au Mississippi et sa mère faisait souvent rimer les choses qu’elle disait, une habitude que le jeune Willie a vite imité. À l’âge de quatre ans, il chantait dans l’église baptiste et comme adolescent, il faisait partie d’un quintet de gospel nommé The Union Jubilee Singers. Toujours l’homme d’affaires, il a commencé à adapter ses poèmes en chansons, qu’il vendait à des musiciens locaux.

Dixon a déménagé à Chicago en 1936 et, avec sa carrure de 6′ 6”, 250 lbs, il est devenu champion boxeur des poids lourds pour l’État de l’Illinois (catégorie Novice) et il fut même le partenaire d’entraînement de Joe Louis pour un bout de temps!

Dixon a joué et chanté dans divers groupes, parachevant sa technique sur la contrebasse, jusqu’à l’avènement de la Seconde Guerre Mondiale. Il a refusé la conscription dans le service militare comme objecteur de conscience, disant qu’il ne se battrait pas pour une nation où le racisme et les lois racistes
étaient institutionnalisés. Dixon fut emprisonné 10 mois pour ses croyances.

Willie Dixon a signé comme artiste avec Chess Records mais il jouait de moins en moins, étant plus occupé avec des tâches administratives pour l’entreprise. De 1948 à 1960, sa productivité et son influence furent prodigieuses. En 1951, il était employé à plein temps pour Chess, agissant comme producteur, découvreur de talents, musicien de session, et compositeur d’équipe. Il fut également producteur pour Checker Records, une filiale de Chess. De 1956 à 1959, il a rempli les mêmes fonctions pour Cobra Records, produisant les premiers enregistrements de Otis Rush, Magic Sam et Buddy Guy. Plus tard, il a enregistré pour Bluesville Records et a formé sa propre compagnie d’enregistrement, Yambo Records, et ses deux filiales, Supreme et Spoonful.

Tous considèrent Willie Dixon comme un personnage clef dans la création du blues de Chicago. Il a aidé beaucoup trop d’artistes avec beaucoup trop de compositions superbes pour être tous listés ici, des pièces qui ont soulevé ces artistes au plus haut des échelons du blues. Les plus grandes stars du blues doivent leur carrière à Willie Dixon – la chanson signature de Muddy Waters, « Hoochie Coochie Man », est une composition de Dixon, tout comme « Spoonful », « Evil », « Back Door Man » et « Little Red Rooster » de Howlin’ Wolf. Willie Dixon est tellement omniprésent que « 29 Ways » est la 4e de ses compositions que nous enregistrons sur le site, même si c’est la première fois que je parle de lui! Voir les Archives à la droite de cette page pour avril 2018 (« My Babe » de Little Walter), octobre et juillet 2017 (« Bring It On Home » et « Help Me » de Sonny Boy Williamson).

Avec l’éloquence simple qui a marqué ses chansons, Dixon a dit « Le blues est la racine et les autres musiques sont les fruits. Vaut mieux de garder la racine en santé parce que ça veut dire de meilleurs fruits dans le futur. Le blues est la racine de toute la musique américaine. » En 1977, malheureux des piètres redevances payées par Arc Music, la maison d’édition de Chess, Dixon et Muddy Waters ont poursuivi Arc et, avec le règlement généreux à l’amiable, ils ont fondé leur propre maison d’édition, Hoochie Coochie Music. Vers ses dernières années, Willie Dixon est devenu un ambassadeur infatiguable du blues et un ardent défenseur de ses pratiquants en fondant le Blues Heaven Foundation, qui travaille pour préserver l’héritage du blues et pour garantir les droits d’auteur et redevances pour les musiciens du blues qui ont autrefois été exploités.

Willie Dixon a gagné un Grammy et fut intronisé au Temple de la Renomée du Blues, au Temple de la Renomée du Rock And Roll et au Panthéon des Auteurs et Compositeurs. « 29 Ways », comme plusieurs de ses compositions, marie des paroles intelligentes et pleines d’humour avec une musique entrainante et irrésistible. La chanson est devenue la pièce signature du regretté bluesman canadien King Biscuit Boy (Richard Newell 1944 – 2003).

 

Richard Séguin – voix, guitares électriques, guitare MIDI (piano)
Alrick Huebener – contrebasse
Roch Tassé – batterie

 

29 Ways

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