Archive for octobre, 2019

« Spike Driver’s Blues » de Mississippi John Hurt

Mississippi John Hurt

Mississippi John Hurt

Mississippi John Hurt (1893-1966) est né à Teoc mais a grandi à Avalon, au Mississippi, où il a vécu presque toute sa vie, travaillant comme fermier et ouvrier agricole. Il a appris la guitare à 9 ans, jouant pour des fêtes et des danses sur des guitares empruntées (comme moi!). Il a refusé une invitation de se joindre à un show de médecine itinérant parce ce qu’il ne voulait pas quitter Avalon. Une association avec le violoneux Willie Narmour a mené à des premiers enregistrements à Memphis pour Okeh Records en 1928, mais c’était le temps de la Grande Dépression – les ventes d’enregistrements étaient faibles et Okeh a fait faillite peu de temps après.

Mississippi John est retourné à Avalon dans l’anonymat, pour vivre sa vie « ordinaire. » Toutefois, ses enregistrements de 1928 furent réédités en 1952, générant un nouvel intérêt à le localiser. Le musicologue Dick Spottwood a finalement trouvé la cabane de Hurt en 1963, le convaincant de jouer à nouveau. Mississippi John n’était pas confortable avec l’idée mais il s’est présenté au festival folk de Newport en 1963, où il fut acclamé de toutes parts. Par après, il a joué dans plusieurs collèges, salles de concert et cafés, apparaissant même au Tonight Show avec Johnny Carson. À sa mort en 1966, Mississippi John Hurt avait influencé d’innombrables guitaristes de plusieurs disciplines musicales différentes. Un homme effacé, sa nature était reflétée dans sa musique, le faisant une des figures les plus aimées du renouveau folk des années 1960.

J’ai vu et entendu Mississippi John Hurt pour la première fois sur une rediffusion par la CBC du show Rainbow Quest, un programme américain en noir et blanc, présenté par Pete Seeger et mettant en vedette des performances improvisées par les meilleurs artistes de la musique folk, traditionnelle, bluegrass et blues. Le moment a véritablement changé ma vie. Vivant dans une petite communauté rurale de l’Est ontarien et tentant d’apprendre à jouer de la guitare, je n’avais jamais entendu quelqu’un jouer et chanter aussi bien que John Hurt. Son style « finger-picking », si naturel pour lui et si inconnu pour moi, m’a complètement séduit. Il avait pris pour moi la figure d’un grand-père, certainement la plus importante influence musicale de ma vie. J’ai passé le reste de ma vie à tenter de jouer comme Mississippi John.

J’ai commencé à travailler à l’âge de 19 ans et, après 6 ans de guitares empruntées, j’ai pu finalement acheter ma première guitare acoustique, une Gibson J-45 qui appartient maintenant à Roch Tassé. À l’époque, je me souviens que j’avais des pièces « feu vert » et des pièces « feu rouge » en tant que difficulté et que « Spike Driver’s Blues » était au sommet des pièces « feu rouge. »

Pour m’entendre jouer la Gibson J-45 de Roch, cliquez ici.

« Spike Driver’s Blues » nous parle de John Henry, un héro folklorique afro-américain qui travaillait comme un « steel driver », un homme chargé du martelage de mèches d’acier dans le roc pour créer des trous pour les explosifs qui foudroyaient le roc pour créer les tunnels dans la construction des chemins de fer. Selon la légende, John Henry s’est mesuré dans une course contre une machine à vapeur pour forer le roc. John Henry a gagné la course mais y a laissé sa vie, son marteau de forgeron en main, son cœur déchiré. Plusieurs sites ont été suggérés comme le lieu de cette course, y compris le tunnel Big Bend en Virginie de l’ouest, le tunnel Lewis en Virginie et le tunnel de la montagne Coosa en Alabama.

L’histoire de John Henry se raconte dans des chansons populaires en différentes versions et aussi dans maintes histoires, pièces de théâtre, livres et romans. La version de « Spike Driver’s Blues » que Mississippi John Hurt joue nous vient des pénitenciers et des équipes de travail forcé (chain gang), les paroles tirées de plusieurs sources.

 

Richard Séguin – voix, guitare acoustique
La percussion est tirée d’échantillons et d’enregistrements originaux de Roch Tassé

 

Spike Driver’s Blues

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« If I Had a Boat » de Lyle Lovett

Lyle Lovett

Lyle Lovett

La première chose qu’on doit savoir de Lyle Lovett est qu’il vient du Texas. Les gens du Texas ne sont pas comme les autres. Lovett a même écrit une chanson à cet effet, intitulée « That’s Right, You’re Not From Texas. »

Plusieurs des grands de la musique country, tels Willie Nelson, Merle Haggard et Waylon Jennings, n’ont pas pu endurer les conventions de Nashville et sont déménagés au Texas et en Californie où leurs chansons sont devenues connues sous le nom « Outlaw » country. Lyle Lovett est en plein dans cette catégorie.

Lovett est né à Houston, au Texas, en 1957 et a commencé à composer des chansons après avoir fréquenté l’Université du Texas A & M vers la fin des années 70. Il a continué à composer et à jouer lorsqu’il étudiait à l’étranger, en Allemagne. De retour aux É.U., il a jouer tous les clubs du Texas et en 1984, une cassette démo de ses chansons s’est retrouvée chez MCA Records. Ils ont immédiatement mis Lovett sous contrat et ont publié son prenier disque en 1986, qui a reçu des éloges universels. Depuis, il a publié plus de douze disques et il a joué dans plusieurs films, dont cinq du grand et regretté réalisateur Robert Altman. Bien qu’associée au genre country, sa musique se fusionne souvent avec le folk, le swing, le blues, le jazz, le gospel et même le big band. Lovett a gagné quatre prix Grammy.

La meilleure introduction pour sa composition « If I Had a Boat » nous vient de la Bible, Corinthiens 13:11:

Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant.

« If I Had a Boat » est composée du point de vue de l’enfant et nous décrit un monde insulaire de héros (Roy Rogers), d’aventure (le Lone Ranger et Tonto), d’imagination (se déplacer avec la vitesse de l’éclair), et de fantaisie (posséder un poney et un bateau), le tout dans le langage insouciant et humoristique de l’enfant. La pièce est aussi troublante et sombre puisque l’adulte qui l’écoute sent que, dans les ombres du monde parfait de l’enfant, se cache le temps, le tueur de l’enfance. Dans l’esprit de l’enfant, il aspire à s’échapper du monde adulte en s’évadant sur l’océan avec son poney sur son bateau (dont il possède ni un ni l’autre). Une superbe et poignante chanson du long et impressionnant répertoire de Lyle Lovett.

Richard Séguin – voix, guitare acoustique, mandoline, guitare électrique, contrebasse électrique

If I Had a Boat

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