Archive for avril, 2018

« Folsom Prison Blues » de Johnny Cash

Johnny Cash

Johnny Cash (1932-2003) fut un des artistes les plus populaires de tous les temps, avec des ventes de plus de 90 millions de disques à l’échelle mondiale. Bien que principalement associé à la musique country, il était confortable avec le rock ‘n roll, le rockabilly, le blues, le folk et le gospel. Cash a la distinction d’être à la fois intronisé aux Temples de la renommée du rock ‘n roll, de la musique country et du gospel.

De nature insoumise, Cash a toujours été à la défense des pauvres, des dépourvus et des opprimés, chantant ses chansons de chagrin, de détresse morale et de rédemption. Il portait toujours du noir sur scène et il était pour tous « l’homme en noir. »

La famille Cash était pauvre et a connu les épreuves de la Grande Dépression. Jack, le frère aîné de Johnny, travaillait dans une scierie pour aider la famille mais en 1944, il fut impliqué dans un accident à la scierie et est décédé à l’âge de 15 ans. Dévasté, Johnny, lui-même à 12 ans, a lutté toute sa vie avec la culpabilité produite par la perte de son frère.

Alrick

En 1954, Cash a signé avec Sun Records à Memphis, où Sam Phillips avait déjà Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, Roy Orbison et Howlin’ Wolf sous contrat. Les premiers enregistrements de Cash, « Hey Porter » et « Cry, Cry, Cry », ont connu un succès immédiat au palmarès country. D’autres succès comme « Folsom Prison Blues » et « I Walk the Line » ont assurés que la valeur marchande de Cash, comme celle d’Elvis, dépasse le budget limité de Sam Phillips. Les deux artistes ont signé des contrats lucratifs ailleurs.

De toute sa carrière illustre et fructueuse, Johnny Cash a pris une décision courageuse et de grande portée quand, en 1968, il a publié des enregistrements réalisés à la prison Folsom State en Californie. Le disque a été un immense succès, atteignant le numéro 1 des palmarès Billboard en country et en pop. D’autres concerts et enregistrements dans des prisons ont solidifié l’image hors-la-loi de Cash et l’ont fait aimer d’une grande section de la population mondiale. En 1972, Cash a rencontré le président Richard Nixon à la Maison Blanche pour plaider la cause de la réforme pénitentiaire. Toujours du côté des non représentés, Cash a publié le disque « Bitter Tears: Ballads of the American Indian » en 1964. Son activisme pour les Amérindiens a typiquement rencontré une résistance fanatique de la part des stations de radio, de l’industrie du disque et des médias mais Cash a quand même foncé de l’avant.

Richard et Roch


La carrière de Cash s’est rajeunie en 1994 quand il a publié ses « American Recordings », un succès auprès du public et des critiques. Cash a enregistré ces pièces accompagné seulement de sa guitare tandis que pour «Unchained » en 1996, il était accompagné de Tom Petty and The Heartbreakers. Les deux disques mettaient en vedette des chansons austères d’artistes plus contemporains et les deux disques ont gagnés des Grammys.

Nous jouons mon arrangement de « Folsom Prison Blues » dans la veine traditionnelle du blues, une approche dont Keb Mo s’est fait le champion.

Richard Séguin – voix, guitares et mandoline
Alrick Huebener – contrebasse
Roch Tassé – batterie

Folsom Prison Blues

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« My Babe » de Little Walter

Little Walter

Little Walter (Marion Walter Jacobs, 1930-1968) fut un chanteur et compositeur de blues dont l’approche simple mais révolutionnaire à l’harmonica a changé le cours de la musique contemporaine. Frustré d’entendre les guitares électriques noyer son harmonica, Little Walter a commencé à mettre ses deux mains autour de l’harmonica et un petit microphone branché dans un système de sonorisation ou un amplificateur. Le son résultant était incroyablement fort et ses courbes et hurlements sur l’harmonica, même son souffle, sortaient comme quelque chose d’irrésistible. C’était un son jamais entendu auparavant et impossible à reproduire sur tout autre instrument. Par après, tout le monde a voulu jouer comme lui. Il fut intronisé au Temple de la renommée du Rock ‘n Roll en 2008.

Little Walter a quitté la Louisiane rurale à l’âge de douze ans pour se balader, jouant avec des artistes comme Sonny Boy Williamson et Sunnyland Slim avant d’arriver à Chicago en 1945. Il s’est joint à l’orchestre de Muddy Waters en 1948 et une écoute aux enregistrements historiques tel « Long Distance Call » et « She Moves Me » suffit à comprendre comment Little Walter changeait si dramatiquement le son du blues. En 1952, il a quitté l’orchestre de Muddy pour enregistrer de lui même et son premier enregistrement, une pièce instrumentale nommée « Juke », a atteint le numéro un du palmarès Billboard R&B, la seule pièce instrumentale à jamais ce faire. Little Walter a connu quatorze succès top dix au palmarès Billboard R&B entre 1952 et 1958 (dont « My Babe », un autre enregistrement numéro un en 1955), éclipsant même les succès de Muddy Waters et de ses collègues de Chess Records, Howlin’ Wolf et Sonny Boy Williamson.

Alrick


« My Babe », comme la majorité du répertoire du blues de Chicago après la guerre, fut composé par Willie Dixon, le contrebassiste et homme A&R (artistes et répertoire) de Chess Records. La chanson est basée sur « This Train (Is Bound For Glory) », une pièce gospel traditionnelle enregistrée à la fin des années 30 par la sublime Sœur Rosetta Tharpe. C’est Ray Charles qui fut le premier à adapter les chansons sacrées en chansons séculaires, une pratique controversée, en changeant l’hymne gospel « It Must Be Jesus » en « I Got A Woman », son succès numéro un au palmarès Billboard R&B au début de 1955. Peu après, Little Walter a enregistré « My Babe » et sa parution au palmarès Billboard R&B a éclipsé « I Got A Woman », passant cinq semaines en première position et devenant un des plus gros succès R&B de 1955.

Richard and Roch


Vers la fin des années 50, Little Walter a enregistré son harmonica sur des sessions d’artistes comme Jimmy Rogers, Memphis Minnie, Bo Diddley, Otis Rush et Robert Nighthawk. Cette période a coïncidé avec son déclin en gloire et en fortune. Un petit homme court dans le monde dur et macho du blues de Chicago, Little Walter était alcoolique avec une mèche courte, ce qui le menait à des altercations violentes qu’il ne gagnait pas souvent, comme le démontrent les cicatrices de couteau à sa figure.

Little Walter a fait des tournées de l’Europe en 1964 et 1967. De retour chez lui, il fut impliqué dans une dernière querelle en prenant une pause durant un concert dans une boîte de nuit dans le côté sud de Chicago, une région de très mauvaise réputation. Tôt le lendemain, le 15 février 1968, il est mort dans son sommeil des blessures subies dans cette bataille. Little Walter avait 37 ans.
 
Richard Séguin – voix, guitares électriques
Alrick Huebener – contrebasse
Roch Tassé – batterie

 
My Babe

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