Archive for décembre, 2014

Ry Cooder et la musique des autres

Quand j’étais jeune, j’entendais seulement de la musique originale – Chuck Berry, Little Richard, Buddy Holly et plusieurs autres écrivaient leur propre matériel.

Don Messer

Don Messer

D’autres avaient leurs écrivains préférés, comme Otis Blackwell., qui a composé plusieurs succès pour Elvis Presley et Jerry Lee Lewis, ou Jerry Leiber et Mike Stoller, qui ont composés des succès pour presque tout le monde. De fait, la musique originale a toujours formé la grande majorité de tout la musique populaire. À ce jeune âge, je n’avais jamais pensé que des musiciens joueraient la musique des autres. Pourquoi voudraient-ils faire ça?

En 1956, mes parents ont acheté leur première télévision et, comme presque tout le Canada, j’ai entendu le violoneux des maritimes Don Messer (1909-1973) sur le show très populaire de la CBC, “Don Messer’s Junilee.” Non seulement que Messer jouait la musique des autres, sa musique venait de pays étrangers, surtout l’Écosse et l’Irlande. Pour la première fois, j’ai compris que la musique s’étendait au-delà de l’Amérique du Nord.

Plus tard, dans les années 60, j’ai commencé à écouter Doc Watson (1923-2012) et la musique traditionnelle américaine est devenue une passion pour la vie. J’ai eu la chance d’entendre Doc et son fils Merle (1949-1885) en concert et le respect avec lequel

Doc Watson

Doc Watson

il approchait la musique traditionnelle est sûrement la leçon de musique la plus importante que j’ai appris de toute ma vie. En même temps, la musique folk est venue de l’avent et j’ai entendu le Jim Kweskin Jug Band, qui jouait la musique du début du 20ième siècle avec des objets comme des planches à laver, des cruches, des cuves à laver et des peignes. De plus en plus, j’écoutais la musique d’antan.

Au début des années 70s, Ry Cooder est devenu un véritable apôtre de la musique traditionnelle, donnant un nouveau élan à des chansons de la Grande dépression et des premières années du jazz et du blues. Récipiendaire de six prix Grammy, Cooder a examiné la musique de d‘autres cultures avec des collaborations avec l’accordéoniste Tex-Mex Flaco Jiminez, les musiciens hawaïens Gabby Pahinui et Atta Isaacs, le musicien hindoustani classique V.M. Bhatt, un virtuose du Mohan Veena, une guitare à 20 cordes que Bhatt a inventé lui-même, et Ali Farka Touré, un chanteur et multi-instrumentaliste malien et un des musiciens les plus célèbres de l’Afrique. Cooder a aussi joué un rôle important dans l’appréciation de la musique traditionnelle cubaine grâce à sa participation, comme guitariste et producteur, dans le projet Buena Vista Social Club, un succès

Jim Kweskin Jug Band

Jim Kweskin Jug Band

mondial responsable du renouveau des carrières des plus grands musiciens survivants de la musique cubaine du 20e siècle. À mon avis, Cooder a aussi joué un rôle significatif dans le dégel des relations cubano-américaines, tellement dans les nouvelles de nos jours.

J‘ai choisi de jouer deux pièces qui exemplifient l’habileté de Cooder à trouver de la musique perdue et de lui donner un souffle nouveau. La premièret piece, “Great Dreams From Heaven”, nous vient du chanteur-guitariste bahamien Joseph Spence (1910-1984), le fils d‘un pasteur qui a joué des pièces religieuse et bahamiennes enregistrées pour la plupart sur son perron avec le son de ses enfants qui jouaient autour de lui. Fritz Richmond, le joueur de cruche dans le Jim Kweskin Jug Band, a enregistré un de ces microsillons intitulé “Happy All The Time”, un sommaire apte de lhomme et de sa musique.

Joseph Spence

Joseph Spence

 

Great Dreams From Heaven

 

 

 

 

Cette deuxième pièce nous vient du répertoire impressionnant que Ry Cooder a composé comme bandes sonores

Ry Cooder

Ry Cooder

de films. Intitulée “I Always Knew You Were The One”, cette piece est une valse incroyablement romantique de l‘ère des cowboys, tiré du film western de Walter Hill, “The Long Riders.”

 

I Always Knew You Were The One

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« Maria Elena » – la chanson qui a tout changé

Au début des années 60, la première vague du Rock and Roll avait pris fin – Chuck Berry fût arrêté en1959 en contravention du Mann Act et a passé 4 ans en prison; Little Richard a retrouvé la religion et a formé le Little Richard Evangelistic Team, traversant les É.U. pour prêcher; Elvis était dans l’Armé; Jerry Lee Lewis fût mis au ban de la société pour avoir marié sa cousine de 13 ans; d’autres grands artistes comme Buddy Holly et Eddie Cochran avaient trouvé la mort dans des accidents tragiques – Holly avait 23 ans, Cochran 21.
La musique populaire de l’époque avait descendu au niveau des roucouleurs comme Pat Boone et les Bobby (Vinton, Vee, Rydell, Darin, Curtola, Tillotson, Burnette, etc.). Je ne pouvais pas comprendre où était passé la superbe musique des années 50 et je me sentais perdu sans elle. Je commençais mon adolescence et le monde extérieur changeaitcétait le temps de la guerre froide, les émeutes raciales, la crise des missiles de Cuba. Rockland a testé un système dalarme publique en cas d‘attaque nucléaire et quelque mois après que javais commencé lécole secondaire, on a assassiné JFK. Je me souvenais des années heureuses de mon enfance en pensant aux paroles dA.E. Housman: “ That is the land of lost content / I see it shining plain / The happy highways where I went / And cannot come again.”
Au commencement de lécole secondaire, je ressentais une peur que je ne pouvais pas nommer et qui sallongeais devant moi. Je ne voulais pas participer dans ce monde violent et absurde mais le monde sen attendaitcétait job, mariage, famille. Je n’avait aucune croyance dans mon habilité de suivre ce chemin, étant sans habilités j’étais un jeune de 13 ans perdu dans une mer étrange et adulte. Et alors, j’ai entendu “Maria Elena” à la radio. Et ce fut mon salut.
Los Indios Tabajaras

Los Indios Tabajaras

Maria Elena” a été composée en 1932 par le compositeur mexicain Lorenzo Barcelata et plusieurs musiciens comme Jimmy Dorsey et Lawrence Welk lont enregistré. Elle s’est trouvé dans le répertoire de deux frères amérindiens de la région du Tabajaras au Brésil, Natalicio et Antenor Lima, qui sappelaient Los Indios Tabajaras (Les Indiens du Tabajaras). Les frères Lima étaient des virtuoses de la guitare et leur superbe enregistrement de “Maria Elena” a connu un succès mondial en 1963. Jaimais déjà la musique instrumentale pour la guitare grâce à Link Wray et Duane Eddy, qui embellissaient la collection de mon frère Gabriel, mais le jeu fluide et lyrique de Los Indios Tabajaras dépassait tout ce que javais entendu auparavant. Sans savoir pourquoi, jai su immédiatement, la première fois que jai entendu cette pièce, que je devais apprendre à jouer de la guitare. Rétrospectivement, jai dû penser que cette habilité me garderait de la tempête imminente et peut-être aussi me donnerais, un jeune sans conséquence et de nulle part, une première identité, la force principale de tout jeune adolescent.
Il y avait, par contre, deux problèmes: primo, je navais pas de guitare; secundo, je ne savais pas comment en jouer! Mes parents ne pouvaient certainement pas se permettre des guitares ou des leçons de musique alors cen était à moi. Mais le destin sest manifesté mon frère Robert est revenu d’un bref séjour au séminaire avec une nouvelle coupe de cheveux et une nouvelle guitare, empruntée dun ami. Jai supplié mon frère de me montrer où placer mes doigts sur la guitare afin de jouer les deux premières mesures de la mélodie de “Maria Elena.” Ce quil a fait, et ce simple geste de bonté a changé ma vie. Nous avons souvent parler de ce moment, lui avec grande fierté, moi avec éternelle reconnaissance. Par la suite, jai emprunté des guitares, je regardais où les autres joueurs plaçaient leurs doigts sur le manche, j’écoutais, je pratiquais et je me suis montrer comment jouer. Ça ne me prenait quune petite poussée de mon frère.
Et maintenant, plus de 50 ans plus tard, cest le temps d’écouter “Maria Elena” et de se souvenir de1963.
Guitare Seagull, Artist Series de Godin

Guitare Seagull, Artist Series de Godin

Ceci est mon premier enregistrement avec ma nouvelle guitare Seagull de Godin.

 

Fait intéressant: la veuve de Buddy Holly se nomme Maria Elena.

 

 

 

 

Maria Elena

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