Archive for juillet, 2017

Highway 61

Bob Dylan en 1965

En 1965, Bob Dylan a publié deux albums, « Bringing It All Back Home » et « Highway 61 Revisited », les deux forgeant un trajet bien éloigné de sa première musique folk vers un nouveau hybride musical qui comprenait le folk, le rock ‘n roll, la littérature et le blues, le tout mélangé dans un tourbillon irrésistible. L’année d’après, Dylan a publié le disque double « Blonde On Blonde » et les 34 chansons de ces trois albums sont, à mon avis, la plus grande réussite de n’importe quel musicien à n’importe quel temps. Les paroles de ces chansons ont grandement contribué au Prix Nobel de littérature que Dylan a gagné en 2016.

Le croisement

La vraie route 61 divise les États-Unis en deux et s’étend sur 1 400 miles, de la Nouvelle Orléans en Louisiane, jusqu’à Wyoming au Minnesota. La route 61 est aussi connue comme la route du blues parce qu’elle traverse le delta du Mississippi, la région la plus associée au développement de la musique blues. La jonction des routes 61 et 49 à Clarksdale au Mississippi est le fameux croisement où Robert Johnson, selon la légende, a vendu son âme au diable en retour de son immense talent. La chanteuse du blues Bessie Smith a aussi perdu la vie en 1937 dans un accident d’auto sur cette route.

Mon arrangement de « Highway 61 » est tiré directement des versions de « I’m A Man » et « Mannish Boy » que Muddy Waters a enregistré dans les années 50. On joue la pièce dans le style des trios rock des années 60 tel Cream, le Jimi Hendrix Experience et, un de mes préférés, BLT (Jack Bruce, Bill Lordan et Robin Trower), une collaboration qui a duré toute la longueur d’un seul disque!

Le hall du théâtre Capitol

En 1968, Cream et le Jimi Hendrix Experience ont tous deux joué au magnifique théâtre Capitol d’Ottawa, dans l’espace de quelques semaines. Je n’avais pas assez d’argent pour aller voir les deux concerts alors j’ai choisi Clapton (Cream) tandis qu’un ami est allé voir Hendrix. Mon ami ne pouvait pas croire que Hendrix avait mis le feu à sa guitare! Pour ma part, Cream a joué tellement fort que mes oreilles sillent encore, 50 and plus tard!

Le théâtre Capitol a fermé ses portes en 1970, victime du nouveau et avoisinant Centre National des Arts. Peu de temps après, on a démoli une des plus belles pièces d’architecture du Canada pour la remplacer par un autre édifice à bureaux laid et carré. Le gouvernement provincial de l’Ontario, toujours en retard, a pris cinq autres années avant de promulguer sa législation pour la protection du patrimoine.

Richard Séguin – voix, guitare électrique, bass électrique
Roch Tassé – batterie

Highway 61

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Bring It On Home – le blues transe de Sonny Boy Williamson

Sonny Boy Williamson

J’ai vraiment commencé à écouter le blues quand les Beatles ont tout cessé en 1969. Mon grand héro était Muddy Waters mais j’écoutais tout l’monde, acoustique et électrique. J’aimais en particulier les chansons répétitives, hypnotiques, sans variations du début à la fin, souvent jouées sur la même accord. Les meilleurs de ce genre captivant furent Howlin’ Wolf et Sonny Boy Williamson. Beaucoup plus tard, on a appelé ce genre de musique du blues transe.

« Bring It On Home », un exemple important du blues transe et une chanson de train en plus, fut composée par Willie Dixon, le meilleur et le plus prolifique écrivain du genre. Sonny Boy a enregistré la pièce en 1963, malgré qu’elle na pas été produite avant 1966.

On croit que le vrai nom de Sonny Boy Williamson est Alex Ford, quoiqu’on le connaissait surtout comme « Rice » Miller. La date et l’année de sa naissance sont incertaines. Sonny Boy lui-même disait qu’il était né en 1899 mais sa pierre tombale, érigée en 1977 par Lillian McMurry, la propriétaire de Trumpet Records où Sonny Boy enregistrait, indique 1908 comme son année de naissance. Par contre, il est sans doute né en 1912, d’après les registres de recensement.

Il existe un lien particulier entre Sonny Boy Williamson et Howlin’ Wolf – Wolf a marié la soeur de Sonny Boy tandis que Sonny Boy a marié Mae, la demi-soeur de Wolf.

Sonny Boy Williamson sur King Biscuit Time


En 1947, Sonny Boy Williamson a joué sur la première émission de radio King Biscuit Time, commanditée par la compagnie de farine King Biscuit et provenant de Helena, Arkansas. Les émissions duraient 30 minutes et mettaient en vedette des spectacles de blues joué par des artistes afro-américains. King Biscuit Time est l’émission américaine de radio quotidienne qui a été diffusée le plus longtemps. Sa popularité fut un des plus importants catalyseurs dans la propagation du blues sur une base nationale et a contribué au lancement de plusieurs carrières par les plus grands artistes du genre.

Sonny Boy Williamson est décédé en 1965 à l’âge de 52 ans. Il était très populaire dans les années 60 et a joué sur plusieurs émissions de télé qui suivaient le renouveau du folk/blues. Heureusement, un bon nombre de ses performances existent encore et vous vous devez de voir « la vrai chose. » Voici une bonne place où commencer :

 

 

Richard Séguin – voix, guitare électrique, contrebasse électrique, guitare MIDI (orgue B3)
Roch Tassé – batterie

Bring It On Home

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