Les frères Séguin – Something Fine

Robert et Richard

Robert et Richard

« Something Fine » est pris du premier disque de Jackson Browne, publié en 1972. Browne était déjà établi à travers l’industrie comme un compositeur doué et il a pu attirer certains des meilleurs chanteurs et musiciens de la planète pour ses enregistrements: des chanteurs comme David Crosby, Graham Nash, Glen Frey, Don Henley, Joni Mitchell et Bonnie Raitt; des musiciens comme Jesse « Indian Ed » Davis, Albert Lee, Leland Sklar, Jim Keltner et surtout David Lindley, dont le jeu inspiré a vraiment défini le son de Jackson Browne durant sa période de ses plus grands succès. Jackson Browne est maintenant membre du Temple de la renommée du Rock and Roll.

Jackson Browne est un bon chanteur mais les plus grands chanteurs que j’ai entendu sont Ray Charles et Aretha Franklin, sans aucun doute. Pourtant, ils ne s’approchent même pas de mes chanteurs préférés. Les chanteurs qui m’attiraient le plus étaient tous différents – des chanteurs puissants comme Muddy Waters et Big Maybelle, des chanteurs expressifs comme Graham Parker et LaVern Baker, des chanteurs émotifs comme Wilson Pickett et Etta James.

Jackson Browne et David Lindley

Jackson Browne et David Lindley

Un de mes vocals préférés est « Black Was the Night, Cold Was the Ground » de Blind Willie Johnson et il ne chante même pas un mot; il se lamente tout simplement et joue sa guitare slide. Une anecdote intéressante sur Blind Willie, quand on a lancé les deux sondes spaciales Voyager en 1977, ils contenaient un disque audio-visuel de la race humaine et de ses cultures pour le bénéfice des extra-terrestres qui les arrêteraient au passage. Sur le disque était la musique de Mozart, Beethoven et Bach, à côté de Chuck Berry et Blind Willie Johnson. Ça veut tout dire.

J’ai eu l’idée d’enregistrer la voix de mon frère en écoutant les « American Recordings » (1994) de Johnny Cash (1932-2003). Le producteur Rick Rubin a pris la brillante décision d’enregistrer Cash dans son salon, chantant et jouant sa guitare. À ce temps, Cash avait connu ses meilleurs jours, sa voix était faible, et il fut toujours un guitariste bien ordinaire, mais ces enregistrements sont tellement remarquables qu’ils ont valu à Cash un prix Grammy. En écoutant Cash, j’ai finalement réalisé ce que tous mes chanteurs préférés avaient en commun, cette chose que je n’arrivait pas à saisir. Comme Cash, tous mes chanteurs préférés avaient des voix vraies, des voix humaines, des voix qui retenaient toutes leurs imperfections précieuses. C’était le son de l’humanité.

 


Blind Willie Johnson et le son de l’humanité:


 

Mon frère a toujours eu une voix humaine. À mon avis, c’est une chose qui ne peut pas être améliorée et ça serait une folie de l’essayer – d’où vient mon crédo que l’industrie de la musique est géré par des fous. Pour nos enregistrements, je voulais des arrangements simples et même minimalistes de chansons qui pourraient mettre en relief la voix de Robert. « Something Fine » nous permet de ce faire et nous permet également de juste chanter et jouer, pur et simple.

 

Robert Séguin: voix et harmonies
Richard Séguin: guitare acoustique, mandoline

 

Something Fine

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